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En 2025, 4486 documents d’enregistrement d’euthanasie ont été reçus et examinés par la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie, marquant une augmentation de 12,4 % par rapport à 2024. L’euthanasie représente ainsi 4% des décès enregistrés en Belgique en 2025, contre 3,6 % en 2024 (source : StatBel, 26.02.2026).

3379 déclarations sont rédigées en néerlandais, 1107 en français. L’augmentation du nombre de documents d’enregistrement rédigés en français (16,6%) est proportionnellement plus importante que celle des documents rédigés en néerlandais (11,1%). Il n’en demeure pas moins qu’il subsiste un écart important entre les déclarations en néerlandais (75,3 %) et celles en français (24,7 %).

La majorité des patients concernés sont âgés de plus de 70 ans (73,7 %), dont 45 % de plus de 80 ans. L’euthanasie chez les patients de moins de 40 ans reste rare (1,4 %).

Un cas d’euthanasie concernant un patient mineur a été déclaré en 2025, portant à sept le nombre total de cas depuis l’extension de la loi aux mineurs en 2014.

En ce qui concerne les lieux où les euthanasies sont pratiquées, la majorité d’entre elles continuent à avoir lieu sur le lieu de vie du patient (67,1 % au total — domicile, y compris services flats ou résidences-services, et maisons de repos confondus), confirmant la volonté des patients de rester dans un environnement familier. La proportion d’euthanasies réalisées en maison de repos connaît une légère augmentation (18,6 %, soit 1 point de plus qu’en 2024). Une légère diminution est observée pour le pourcentage des euthanasies réalisées au domicile (48,5 %, contre 50,4 % en 2024). Le pourcentage des euthanasies pratiquées en milieu hospitalier reste stable (30,9 %, dont 6,4 % en unités de soins palliatifs).

Les pathologies à l’origine des demandes d’euthanasie restent principalement des :

  • Cancers (49,9 % des cas), proportionnellement en diminution (- 4,2 % par rapport à 2024).
  • Polypathologies (29,6 %) – toujours proportionnellement en augmentation (+ 2,7% par rapport à 2024)
  • Maladies neurologiques (8,2 %) – stables
  • Maladies respiratoires (3,3 %) et cardiaques (2,4 %) – stables

Les euthanasies pour affections psychiatriques (1,6%) et troubles cognitifs restent rares (1,7%) même si l’on note une légère augmentation par rapport à 2024 (1,4%).

Dans 75,1 % des cas, le décès est attendu à brève échéance. L’euthanasie pour des patients dont le décès n’est pas attendu à brève échéance continue d’augmenter (1117 cas en 2025, contre 932 cas en 2024), principalement pour des patients atteints de polypathologies.

En ce qui concerne les souffrances :

  • 86 % des patients présentent des souffrances physiques et psychiques (contre 82,3 % en 2024).
  • 12,1 % uniquement des souffrances physiques (contre 15,8 % en 2024).
  • 1,9 % uniquement des souffrances psychiques (même proportion qu’en 2024).

Attention : la souffrance psychique ne doit pas être confondue avec une affection psychiatrique. Elle peut aussi être causée par une maladie somatique : par exemple, pour un cancer, la douleur peut être adéquatement soulagée par les traitements alors que la souffrance psychique liée à la perte d’autonomie ou de dignité peut persister.

Le thiopental (49,9 %) et le propofol (49,5 %) sont les deux anesthésiants les plus utilisés même si les médecins continuent d’évoquer des difficultés logistiques liées à l’usage du thiopental (conditionnement en boîtes de 10 doses à un prix élevé et non remboursé).

Les médecins généralistes restent les premiers interlocuteurs des patients souhaitant une euthanasie et en sont les principaux praticiens.

Le nombre d’euthanasies pratiquées sur base d’une déclaration anticipée a encore diminué par rapport à 2024 (6 cas en 2025 contre 9 en 2024 et 19 en 2023).

La Commission souligne que les documents d’enregistrement reçus répondaient aux conditions essentielles
de la loi :

  • Demande volontaire, réfléchie et répétée et sans pression extérieure,
  • Affection médicale grave et incurable, le patient se trouvant dans une situation médicale sans issue.
  • Souffrance constante, inapaisable et insupportable causée par cette affection.

Aucun dossier n’a été transmis au procureur du Roi.

Les chiffres détaillés pour 2025 sont disponibles dans l'annexe. 

 

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